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Le sans-abri de la rue Crozatier

 

 

Hier il ne chantait pas le sans-abri de la rue Crozatier, Hier...

Il pleurait.

De ses yeux qui ne voient plus coulaient de grosses larmes, il y avait du vent, il faisait froid et il pleuvait. Ses chaussons étaient trempés tout comme son jogging. Il me reparle encore de ces baskets et de ces chaussettes de ski que je lui avais données, qu'il n'a jamais pu porter... Volées. Il me dit qu'il est fatigué et que même pour un ancien militaire, ce n'est plus une vie, il a vieillit.

Avant il était fort, courageux, joyeux, capable d'affronter la misère, rien ne lui faisait peur... Mais ce n'est plus pareil... Et il ne chante plus près de l'école des danses latines... Ses chants qui, il y a quelques mois, étaient si mélodieux malgré une voix grave et rauque se sont transformés en insultes aujourd'hui, qu'il professe aux passants ahuris.

Ce n'est que l'expression de sa peine, de sa détresse, le cri de ceux qui brusquement n'ont plus d'espoir. Un cri sourd, violent, comme un râle qui appelle à ne plus être pour hanter ceux qui laissent faire.

 

Que font nos politiques, que font nos bien-pensants ?

 

Les sociétés d'Hommes ont encore du travail et du chemin à faire puisqu'elles nous ont habituées à regarder ce sans abri presque sans rien dire. Car la réponse n'est pas individuelle, elle ne peut être que collective. L'individu n'a d'intérêt que de faire réagir, faire comprendre au collectif qu'il est en train de se fourvoyer.

Que dirons de nous les civilisations futures ? Ils se souviendront d'une époque moyenâgeuse qui parlait de liberté mais ou l'intérêt personnel primait, une sorte de "marche ou crève, tu es libre de décider".

 

Pourtant, il ne s'agit pas de "ruiner le pays pour engraisser des fainéants", il s'agit d'humanité, il s'agit de donner un toit, a manger, une douche et des habits. On ne me fera pas croire qu'il n'y a pas dans les poubelles de France de vieilles baskets taille 46, un vieux jean taille 52, un bonnet et de vieilles chaussettes et peut être quelque part une maison d'accueil avec une chambre fermée a clefs et peut être aussi une petite rémunération, quelques pièces en échange d'un service public parce que c'est tout ce qu'il demande le sans abri de la rue Crozatier. 

 

Plus j'y pense et plus je suis convaincu que les idées que j'avais développées dans mon "plaidoyer pour un nouveau modèle de société" apporteraient une réponse à son problème et à tant d'autres du reste. Il faut juste avoir le courage collectif de changer et que ceux qui en ont la responsabilité ou la vocation se décident à initier ce changement. 

 

En attendant, quelle terrible dette karmique pour le sans abri de la rue Crozatier... Sans le savoir et sans le vouloir, de sa souffrance, il participe à l'évolution des sociétés d'Hommes qui un jour, à force de le regarder, lui et tous les autres, décrèterons que c'en est assez maintenant... Plus jamais de sans-abris trainants ainsi, abandonnés et contre leurs volontés, dans les rues.

Quand ? Je veux croire que ce jour viendra sûrement...

 

En attendant, je crois lui avoir trouvé un stock de chaussures taille 46, merci pour lui Yannick ! Il aura ainsi une paire de rechange si on vient à les lui voler. Ce seront les chaussures d'un danseur, j'ose espérer qu'elles lui porteront chance car la danse apaise les cœurs des âmes éprouvées. Je lui achèterai de nouvelles chaussettes et lui donnerai des gants, un bonnet et peut être qu'un jour je trouverai ce jean taille 52. Il pourra ainsi marcher, que dis-je sautiller, du pas léger du danseur qui les portait, il pourra bientôt de nouveau chanter, de cette voix puissante qui m'amusait tant car le printemps arrive avec ses rayons jouvenceaux et séchera les larmes coulants dans les sillons que les années d'hiver sur ses joues ont tracées.

 

Et puis un jour, il n'y aura plus jamais de larmes dans ses yeux qui ne voient plus car ils se fermeront a jamais, ainsi en est-il de toute vie, il sera temps pour toi, Mr le sans abri, de rejoindre mon utopie... Ce Paradis ou nul ne désespère. Et si tu pars avant moi, je penserai de temps en temps à toi avec la prière que dans cette vie, tu aies pu enfin payer ta dette. Peut-être même qu'un autre jour c'est toi qui prieras pour moi.

 

Mais en attendant, appelle-moi encore de ta voix puissante quand je prends mes cours de danse, près de l'école des danses latines, car j'aurai toujours un petit billet et quelques paroles pour toi.

 

 

Didier

 

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