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Jaïro, le Colombien

 

 

Bon entre 2 sushis, je vais vs raconter une petite histoire qui me permettra de commencer à répondre à la demande de Bibi Batcha de compléter sa culture musicale sur la salsa et surtout de dire pourquoi j'aime tant cette musique.

Je ne parle pas de la danse, mais de la musique.

 

L'histoire commence en 2004, à cette époque j'ai fait d'énormes travaux de rénovation et transformation de ma maison. Pour la rénovation j'ai fait appel à une équipe de colombiens et j'ai découvert par la suite que c'étaient des musiciens... De salsa.

Jaïro était le chef d'équipe et "l'enduiseur" du groupe, ils sont restés chez moi cinq mois !

C'est dire la quantité de travail qu'il y avait mais c’est pour vous dire aussi qu'après ces cinq mois on formait presque une famille agrandie "avec nos colombiens".

 

Dès le matin et ce toute la journée ils écoutaient de la salsa de 07h30 à 17h30 salsa sans interruption et sans salsa... Ils ne pouvaient pas travailler (je suis très sérieux). Jaïro avec qui je discutais beaucoup était un enduiseur hors pair (7 couches d'enduits sur mes murs et pratiquement pas de ponçage), un cador.

 

À cette époque j'aimais la musique latino mais j'étais un "mécréant" musical. Je confondais salsa, merengué, zouk... C’était du latino !

Jaïro me parlait tout le temps de la salsa et de sa Colombie qu'il avait dû quitter par manque d'argent mais qui lui manquait cruellement. Il m'expliquait que la bas, ils n'avaient rien dans leur village mais ils étaient heureux bien plus que les gens d'ici. Il me disait que la salsa était un art de vivre que les gens dansaient dans les rues et que sans la salsa la Colombie ne pourrait survivre, elle était une sorte "d'opium du peuple". Là-bas c'était La source de joie avec le football de tout un peuple, l'aide indispensable pour supporter la misère.

 

Un jour Jaïro me demanda si je connaissais des professeurs de salsa

(la danse) car il voulait l'apprendre. A ma grande surprise il répondit que la salsa était avant tout une danse de rythme et qu'en Colombie ils dansaient sur ce rythme avec des passes très simples. Mais en France c'était trop compliqué il était obligé de prendre des cours s'il voulait faire danser les filles. Nous avions occidentalisé la salsa, la rendant très compliquée.

Et lui, Jaïro, pur colombien, musicien de salsa était obligé de prendre des cours pour pouvoir danser en France !

 

Plus tard, je compris vraiment tout ce que Jaïro voulait me dire,

un jour ou la musique était beaucoup plus forte.

Après lui en avoir demandé la raison, je m’aperçus que des larmes coulaient sur sa joue... Il s'excusa et m'expliqua qu'il avait reçu la veille au soir un appel de sa femme lui informant que leur fille de 16 ans était morte d'une maladie, qu'elle n'avait pas eu l'argent pour l'emmener à l'hôpital et qu'elle serait enterrée ce jour.

 

Jaïro ne rentrait en Colombie que 2 fois par an. Malgré mes recommandations et un prêt d'argent il ne voulut pas rentrer chez lui, il m'expliqua qu'ils étaient tous habitués à la fatalité de la vie... 

Il travaillait en Europe pour ramener de l'argent à sa famille et pour soigner sa fille et pourtant alors que celle-ci venait de mourir,

la réponse de Jaïro c'était une larme en continuant à enduire et de la salsa... Plus fort que d'habitude.

 

J'ai beaucoup compris de la vie ce jour-là et aujourd'hui je repense souvent à Jaïro et je lui dois probablement mon amour immodéré pour cette musique et J'ai pu à mon tour un jour expérimenter ses propriétés salvatrices.

 

Il est temps de finir les sushis et de reprendre mon travail mais voilà l'histoire de Jaïro... ça me permet de dire à Bibi Batcha que la salsa c'est avant tout un rythme, comme dirait Jaïro, et c'est ce qui en fait toute la beauté.

 

Pour ceux qui veulent la comprendre autrement je ne peux que vous recommander de fréquenter ceux qui connaissent cette musique comme TINAN LEROY et qui vous apprennent à l'écouter réellement.

 

 

Didier

 

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