Âme de Danse
Âme de Danse

ACTUALITES

 

Nouvelles actualités:

 

Dans Textes d'aujourd'hui:

-Mon Bro

-Next...

-Bel Anniversaire

 

Dans Réflexions:

-Réflexion sur la Bachata

-Le Temps qui Passe

-Mes Maîtres de Danse

 

Dans Coups de Coeur: 

-Un Endroit Juste... 

-Rencontre Dansante

-Ecrits de Danse

 

 

Textes en réflexion:

 

-Les Jugements

-Quand les femmes domineront le monde

-Shalom Ha Salam

-Le bal des Anges

-Au nom de la performance

-Mon enfance

 

 

Hispaniola

 

 

Hispaniola, douce et sublime ile des Caraïbes, ou les femmes ébènes et lascives ondulent leurs rondeurs au rythme des vents qui passent et des vagues qui arrivent... Je pense à tous ces conquistadors qui t’ont découverte, il y a quelques siècles déjà. Savaient-ils qu’un jour ton ile deviendrait l’oasis de vacanciers en recherche d’insouciance ? Savaient-ils déjà que tu serais une terre de musique et de danse, berceau du joyeux Merengue et de la douce Bachata ?

 

Christophe Colomb cherchait une nouvelle route pour les Indes, il se croyait arrivé en Inde ! Il venait de faire ce long voyage pour gagner richesse et noblesse que son pays ne lui offrait pas… J’imagine sa surprise quand il comprit qu’au lieu d’épices, le paradis qu’il venait de découvrir regorgeait d’or et d’argent… Mr Colomb allait être servi, bien au-delà de ses espérances !

 

Ce navigateur hors pair, peut-être le plus doué de l’histoire de l’humanité, venait de se tromper de route, et c’est pourtant ainsi qu’il entrait dans la mémoire commune… Pouvait-il s’imaginer, à ce moment là, que les lointains descendants de ces indigènes qu’il rencontrait pour la première fois seraient, un jour, devant moi, chantant, dansant, riant, communiquant leurs joies ? Mr Colomb ne se serait, de toute façon, jamais intéressé à moi... Pourtant, aujourd’hui, bien des siècles plus tard, en ce milieu de journée, tranquillement allongé sur mon transat, sous un parasol de feuilles de cocotier séchées, bercé par le vent, les pieds touchant le sable fin brulant de cette plage de Punta Cana, je me sens l’âme d'un conquistador…

 

Je pense à cette Bachata que j’écoute en permanence et que j’adore, qui s’offre à moi dans le pays où elle prit naissance. Je me revois, deux ans et demi plus tôt, prêt à tout pour apprendre cette danse et découvrir ses trésors cachés… J’étais dans une obsession récurrente mais ce n’était pas les richesses d’or et d’argent qui m’intéressais, moi je voulais la Bachata ! Je voulais me l’approprier, je voulais la posseder ! L’objectif déclaré, était de gagner en performance, encore et toujours, jusqu’à tout prendre, en me comportant comme les égoïstes conquistadors espagnols qui m’avaient précédé. Sacrifiant tant de choses autour de moi, je voulais comme eux obtenir gloire, reconnaissance et renommée… Certes, j’avais commencé cette quête pour oublier mes souffrances, comme tes conquérants d’antan, mais à vouloir tout prendre j’avais perdu en chemin un peu de mon âme, accumulant rancœurs, tristesses et disgrâces… A trop vouloir, j’avais oublié qu’on obtient en définitif, parfois, que dommages. A la recherche de mon Eldorado, je n’ai fini par recevoir qu’illusions et désespoirs…

 

Il y a quelques jours à peine, j’arrivais sur ton ile paradisiaque et je goutais allègrement à tes saveurs locales. Je me revois sirotant à longueur de journée ces Coco-Loco ou ces Mama-Juana dont toi seule as le secret, je me revois plonger dans ton eau bleue turquoise longuement réchauffée par les rayons du soleil brulant…

 

Lire est un de mes grands plaisirs de vacances, tranquillement allongé sur un transat, avec la mer pour horizon et un verre à portée de la main. Dans mes sélections de l’été, il y avait ce livre sur la psycho-énergétique qui traite des maladies rattachées aux tensions psychiques. Vastes sujets qui m’ont depuis toujours intéressé, convaincu de longue date que les mécanismes de la pensée ont le pouvoir de nous détruire ou de nous sauver. Quelle ne fut pas ma surprise de lire les phrases qui suivent :

« … lorsque nous avons mal à un genou, cela signifie que nous avons de la difficulté à plier et à accepter un vécu particulier… si c’est le genou droit, la tension est en relation avec la symbolique Yin (principe féminin)… ».

Le livre poursuit avec un exemple de l’auteur :

« … au fond de moi, je ne pouvais accepter les messages qui me venaient en permanence et me montraient que ma route avec elle était terminée. Il m’était trop difficile d’accepter cette idée, après tout ce que j’avais investi en elle, malgré le vécu de trahison qui s’associait au reste… Ce fut mon genou droit qui lâcha et m’obligea à tout arrêter… ».

 

Incroyable !! Mais c'est exactement ce qui m'arrivait depuis quelques temps ! Je ne pus, alors, m’empêcher de penser à mes contrariétés récentes avec la gente féminine... Il y avait tant de similitudes avec ce que je venais de lire… Devais-je ignorer ces messages ? Devais-je essayer, à mon tour, de les comprendre, comme l’auteur du livre ?

Allongé sur mon transat, je me souviens que la lecture de ces quelques lignes a réveillé en moi de mauvais souvenirs et surtout déclenché une décision… Il était temps d’en finir !

 

Comme j’étais sur ton ile, j’ai voulu, avec beaucoup de fantaisie, imaginer que ces aventures étaient corrélées à ta propre histoire… C'est vrai, j’exagère toujours tout, ceux qui me connaissent le savent bien, je suis fils de pied-noir… Mais, ainsi, en reliant mon histoire à la tienne, j’allais faire d’un récit banal, une légende urbaine que l’on se raconterait dans les chaumières, et peut-être même qu’un jour, Arnaud Manikeo, en ferait un film… Je plaisante, bien sûr, je délire… Toujours est-il que, ce jour-là, je me suis fait une promesse, la promesse qu’avant de quitter ton ile, j’accepterai définitivement ce vécu et j’en garderai les leçons à retenir…

 

Je vais te raconter cette « légende urbaine », une dernière fois. Dans quelques jours, j’aurai quitté ton ile, ce sera donc vraiment la dernière fois…

 

 

Hispaniola, comme mes glorieux ainés, venus sur tes terres avec leurs immenses caravelles, la Santa Maria, la Pinta et la Nina, je me revois avec mes partenaires à la conquête de ta Bachata… Au départ, je ne cherchais que la Salsa et la route de Cuba… Mais comme Mr Colomb, je m’étais, pour mon plus grand bonheur, trompé de direction… Après deux années de route, porté par mes trois caravelles, la Fuega, La Princessa et l’Amiga, j’avais enfin atteint ton ile tant espérée pour m’adonner aux joies de ta bachata, dérobant tes trésors, chaque jour, un peu plus encore…

 

Mais à force de vouloir et de ne vivre que pour ça, j'étais devenu dangereusement addict, dépendant de mes caravelles et de ces sublimes voyages que nous prolongions sans cesse pour qu'ils ne finissent pas... Alors, ce qui devait arriver, arriva... Un jour, au décours de l'un d'entre eux, la plus belle de mes caravelles m’a abandonné, laissé au milieu de nulle part, seul, sur une ile déserte, elle partait sans moi pour d’autres trésors, d’autres conquêtes, d’autres renommées, et restait sourde à tous mes appels… Insensible jusqu’au bout, elle ne revint jamais me chercher… J’avais il y a quelques temps déjà, moi-même, abandonné la Fuega qui voguait dorénavant avec d’autres capitaines sur d’autres chemins de mer... Mais il me restait la Princessa, j’allais encore et toujours pouvoir te conquérir, ma chère Hispaniola, car ma soif de Bachata était toujours aussi folle, toujours aussi vive…

 

Mais quelle ne fut ma surprise de découvrir que ma fidèle caravelle, pour cause d’avaries, ne prenait plus la mer… Ou plus avec moi en tout cas, je l’avais peut-être lassé avec mes jérémiades, la compagnie d’un vieil acariâtre n’est pas toujours des plus faciles et des plus agréables... Peut-être aussi que ses avaries étaient vraiment trop importantes, je ne sais pas… Ce qui était devenu sûr, en tout cas, c’est qu’elle ne viendrait pas…

 

Je suis resté échoué si près de l'ile du bonheur, naufragé nostalgique de mes deux caravelles avec pour seuls réconforts, deux radeaux qui me permettaient de fuir mon isolement et de t’approcher encore… Toutefois, au plus fort de ma solitude, une caravelle entendit ma détresse et répondit à mon appel… Elle était grande, elle était forte, elle était belle, on l’appelait, la Bella, c’était un merveilleux bateau qui venait vers moi… Je devais tout réapprendre avec elle car aucunes caravelles ne se ressemblent et pour bien naviguer avec ces trois mâts, il faut parfois attendre de longs mois, mais une chose était sure, avec cette splendide caravelle, je savais que je pourrai revenir un jour sur tes rivages !

 

Mais ce temps passé en naufragé avait changé quelque chose, en moi, il n’était plus question dorénavant de venir te voir comme un cupide conquistador... Le temps du « toujours plus » ou de ces « encore et encore » était terminé. Je voulais retrouver une âme de missionnaire faite d'échange et de joie pour commencer à partager les trésors que je t’avais pris… Oublié le conquistador et oublié l’obsession de devenir ce grand navigateur qui, jadis, me hantait tant, cela ne m’avait apporté que ruine et désarroi…

 

Je ne serai plus que capitaine de navires et dorénavant bâtisseur de caravelles, et c’est en bâtisseur que je donnerai la force à d’autres maintenant de naviguer vers toi. Je façonnerai leur bois de toutes tes valeurs, de celles que tu aimes tant et qui portent haut les couleurs de ta Bachata. Je gage que parmi elles, si cela était nécessaire, je trouverai encore et toujours le moyen de voguer tranquillement vers toi… Car je ne serai plus le capitaine de caravelles « officielles », la Bella sera pour moi la dernière. Elle sait qu’elle est libre de ses choix, ainsi je ne m’exposerai plus jamais aux travers qui m’ont fait échouer au large de ton ile. Je sais aussi que, la Bella, ma belle caravelle, même si elle devait me laisser un jour, saura toujours me trouver une petite place pour me porter sur tes terres… Et puis, aujourd’hui, mes radeaux sont devenus à leur tour, des caravelles, alors quoi qu’il arrive, je trouverai toujours le moyen de voguer vers toi, ma chère et tendre Hispaniola…

 

Mais voilà qu’aujourd’hui, est le jour où je quitte physiquement et symboliquement ton ile… A l’écoute de mes sirènes qui éternellement veillent et me protègent, le temps est venu de tenir cette nouvelle promesse… Vivement que demain vienne pour laisser la place à d’autres histoires, d’autres légendes urbaines, ce sera souvent comme ça avec moi… Et, finalement, j’aime…

 

 

 

Didier

 

Commentaires

Aucune entrée disponible
Veuillez entrer le code.
* Champs obligatoires