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La Sagesse de L'Amour

 

A. INTRODUCTION

 

 

 

Il y a bien longtemps que je voulais écrire un article sur l’Amour…

C’est l’une des valeurs fondamentales de la vie, il est présent dans presque toutes les philosophies et toutes les théologies.

Le christianisme en a fait son credo central, la Grèce, la Rome antique, l’Egypte Pharaonique ont toujours parlé d’Amour.

La Kabbale, source millénaire de la mystique juive qui prend ses racines dans les connaissances ésotériques des prêtres de l’Egypte antique, en a fait un des trois piliers, avec la justice et l’harmonie, sur lequel reposent toutes existences…Toutes les civilisations, toutes les cultures ont parlé de l’Amour.

 

Parce que l’Amour est une de ces valeurs que nous sommes tous amenés à découvrir et explorer au cours de nos vies.

Cet apprentissage souvent dur et difficile, que je compare volontiers à un chemin initiatique ou à une sorte de chasse au trésor, nous réserve son lot de bonnes et mauvaises surprises. Mais la récompense finale de cet apprentissage prend pour moi une dimension spirituelle, je m’en expliquerai plus loin dans cet article, avec la certitude que l’Amour peut tout changer dans une vie et peut être aussi dans l’Après-vie.

 

J’essaierai de développer ces thèmes.

Je commencerai par une réflexion un peu abstraite sur la compréhension  métaphysique de l’Amour à travers les principes fondamentaux de l’existence comme l’enseigne la Kabbale car étonnamment mes réflexions et convictions existentielles ont toujours été très proches de cette mystique bien que je ne l’ai jamais réellement étudiée. Et si cette approche explicative de l’amour peut paraitre complexe, avec le risque de vous lasser et peut-être même celui de vous voir abandonner cette lecture, je souhaite malgré tout commencer cet article ainsi car elle est la pierre angulaire de mon raisonnement.

Je parlerai ensuite de ce chemin initiatique permettant d’expérimenter l’amour dans les 3 étapes pyramidales d’apprentissage que j’ai définies en premier par l’amour de Soi, puis l’amour de L’Autre et enfin l’amour DES Autres. J’aborderai par la suite avec un regard pragmatique un ensemble de problèmes de vies et d’affects liés à ces 3 étapes de l’amour où beaucoup d’entre nous se retrouveront, cette partie de l’article sera probablement la plus utile et par conséquent, la plus appréciée.

En conclusion, je reviendrai sur cette dimension spirituelle de l’amour qui me tient tant à cœur avec la promesse d’une utopie... Que la découverte progressive de l’amour aboutisse un jour peut-être à la réalité d’un Paradis, sur cette Terre ou dans d’autres univers.

 

L’Amour m’a toujours questionné et j’ai souvent changé d’avis à son sujet. J’étais convaincu à chaque fois d’avoir raison et à chaque fois je me trompais. J’ai commencé par être un amant passionné et je n’ai récolté que souffrance et incompréhension. J’ai été tour à tour un peu narcissique, égocentrique et je n’ai récolté que désolation. J’ai été altruiste et faible, je n’ai guère obtenu mieux… Mais c’est de la souffrance que nait la compréhension et nous sommes là pour expérimenter et apprendre… A travers mes expériences et l’observation des autres, j’ai enrichi ma réflexion sur l’Amour et grâce à toutes mes contradictions passées, j’ai su ébranler mes certitudes.

Cet article n’a pour vocation que d’essayer d’aider et apporter quelques lumières de compréhension et d’espoir à ceux qui se sentent parfois égarés dans cette quête ou ceux qui veulent à leur façon nourrir leur propre réflexion.

Je voudrais ajouter que cet article sera lu différemment en fonction de chaque vécu, comme me l’a fait remarquer un ami, la lecture de cet article sera probablement évolutive et sa compréhension fluctuera avec le temps au rythme des expériences de vies de chacun.

 

 

 

 

 

B. REFLEXIONS SUR L'AMOUR

 

 

 

Comment commencer ? Peut-être par, qu’est-ce que l’Amour ?

 

Est-ce l’Amour de Narcisse ? Celui de Tristan et Iseult, Romeo et Juliette ? Est-ce l’Amour d’une mère ou d’un père ? L’Amour simple, absolu et exigeant d’un enfant pour ses parents ? L’amour animal, comme celui d’une lionne pour son petit ? L’amour végétal, comme celui de l’arbre qui cherche la lumière ? L’Amour du prochain, comme celui de Mère Térésa, Martin Luther King, Le Mahatma Gandhi ? Est-ce l’Amour physique, le pur attrait sexuel ? L’Amour platonique ? L’Amour extatique, contemplatif, méditatif ? L’Amour du Divin ?

 

Il y a tant de formes d’Amour différentes. L’Amour se conjugue aussi et surtout avec des paramètres sociétaux propres à chaque époque et dont il faut tenir compte. Les us et coutumes sur l’Amour ont toujours été très différents.

Si on regarde l’Egypte, la Grèce ou la Rome antique, la Chine, l’Inde, le monde Musulman et Judéo-chrétien. Du Moyen Age à la Renaissance au choc culturel de mai 1968, des mœurs de tribus autochtones à la polygamie… Les exemples sont nombreux.

 

Qui a raison ?

Notre époque parce que c’est celle que nous vivons ?

Peut-être que tous ces Amours ont raison ?

Car l’Amour fait partit des fondements même de chaque civilisation, il s’adapte à elle, à ses contraintes, ses valeurs, très souvent dictées par un nécessaire pragmatisme d’époque.

Mais j’ai pourtant souhaité dans cet article réfléchir autrement et m’affranchir de ces paramètres sociétaux pour libérer la pensée et transcender ainsi ces notions de temps et de civilisation afin que cette réflexion sur l’Amour soit la plus pure possible ?

 

 

L’Amour est une force expansive dont la puissance est infinie.

Aimer, selon la Kabbale, c’est conjuguer le principe même de la création originelle, DONNER et RECEVOIR.

Cela veut dire que l’Amour ne peut se concevoir sans en amont un Don et sans en aval une Réception. Cela peut paraitre abstrait mais pour mieux comprendre, on va imaginer que l’eau est une émotion qui représente l’Amour et que L’Homme est un immense récipient, une sorte de jarre capable de la recueillir et de la contenir.

Et on va ensuite imaginer un processus dynamique, la jarre se remplit et se déverse dans un flux continu.

Comme un torrent prenant sa source d’une montagne, l’Homme peut ainsi donner et recevoir en permanence de l’Amour. Il faut concevoir que la jarre représentant la capacité à recevoir et à donner varie selon les individus et évolue également pour chacun d’entre eux au fil de leurs expériences. Comme si un invisible potier œuvrait en permanence pour élargir cette jarre et réparer ses brisures.

 

L’Amour est un subtil mélange du Donner et du Recevoir.

Comment concevoir l’Amour sans personne pour le recevoir ou sans personne pour le donner ?

Pourtant, une seule personne peut suffire pour cela, j’évoquerai tout à l’heure l’histoire de Narcisse, mais c’est tellement plus fort quand ce Donner/Recevoir se conjuguent à plusieurs. La source d’Amour devient ainsi presque intarissable et sa réception tellement plus riche.

 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces notions ne sont pas très évidentes et l’Amour n’est pas un acte automatique.

C’est un apprentissage et dans cet apprentissage il faut trouver l’équilibre entre le Donner et le Recevoir. Si celui-ci n’est pas respecté alors il y aura toujours une faille, une douleur liée à l’Amour. C’est le cas de ceux qui en amour sont incapables de Recevoir ou de Donner mais c’est aussi le cas de ceux qui ne font que Recevoir ou de ceux qui ne font que Donner. Et il faut ajouter à cela toutes les nuances de déséquilibre entre Donner/Recevoir, trop ou pas assez.

En résumé c’est l’équilibre qu’il faut trouver car lui seul peut garantir la félicité.

 

Il y a toutefois une différence majeure entre ces deux notions…Donner est un acte supérieur, bien plus fort que Recevoir car il contient à la fois l’un et l’autre, celui de Donner mais aussi celui de Recevoir en contrepartie, la gratitude de l’autre. On peut ainsi envisager l’idée, à un stade d’apprentissage avancé de l’Amour, que Donner sans attendre en retour puisse être la finalité car le paradoxe, si vous m’avez compris, c’est que ce Donner sera toujours accompagné d’un Recevoir et contient probablement en lui-même son propre équilibre.

Les exemples de l’Amour de Mère Térésa, Gandhi ou quelques grands initiés… En sont une parfaite illustration.

 

Ainsi tel un torrent dont l’eau est toujours claire et vive, l’Amour remplit les êtres qui sont prêts à l’accueillir et capables de le reverser. Et même, s’il n’y a pas en chacun de nous le même potentiel à recevoir ou à donner de l’Amour, le plus important, c’est ce flux continu, Donner et Recevoir tour à tour. Car c’est cette conjugaison dynamique qui définit l’amour… Et je suis convaincu que l’Homme au fil du temps apprend, évolue et devient capable de changer ses aptitudes à l’Amour.

 

 

Pour sortir de cette réflexion nécessaire même si je la sais abstraite et aller vers des notions plus concrètes, je dirais que l’Amour se compose d’empathie, de compassion, de tendresse, d’altruisme, de tolérance, de justice et d’harmonie.

Ils sont les ingrédients essentiels, ceux qui permettront de s’intéresser à l’autre, de le comprendre, de le respecter, de lui pardonner et de l’aimer pour ce qu’il est. Commencer par aimer ses qualités pour apprécier un jour également ses défauts en se disant qu’ils sont la conséquence de ses qualités que nous aimons tant.

Réussir ainsi à aimer l’autre sans que l’estime de nous-mêmes ne soit pour cela jamais mise à mal. Réussir à l’accompagner dans un voyage pour le meilleur et pour le pire, pour un temps ou pour toujours. Et Apprendre à aimer sans attendre en retour, pour paradoxe des paradoxes recevoir doublement.

N’est-ce pas le plus bel apprentissage de la vie ?

 

 

 

 

 

 

C. EN PRATIQUE

 

 

 

Comment faire en sorte maintenant pour que cette compréhension abstraite de l’Amour puisse aboutir à quelque chose de concret ?

 

L’Amour, à mon sens, passe par 3 étapes d’apprentissages,

3 étapes pyramidales clefs, chaque étape est tributaire de l’autre et si l’une d’entre elle n’est pas parfaitement acquise, alors il reste des failles, des fêlures en nous qui, jusqu’à ce qu’elles soient «cicatrisées», nous empêchent de vivre des amours harmonieux et surtout freineront ou stopperont notre compréhension et intégration évolutive de l’Amour.

 

 

 

 

 

 

  • ETAPE 1 : L’AMOUR DE SOI

 

 

La première étape de l’Amour est de s’aimer soi-même, c’est une nécessité si l’on veut être aimé.

S’aimer soi-même, c’est se respecter, c’est apprendre à Recevoir, c’est se remplir d’amour pour n’être jamais vide. C’est quelque chose que l’on apprend dès l’enfance avec ses parents ou tous ceux qui se chargeront de nous élever, ils ont la mission de nous remplir d’Amour, ce sont eux qui dès notre naissance nous apprennent à Recevoir et c’est grâce à l’Amour qu’ils nous donnent que l’on commence à S’aimer.

 

Cet Amour de Soi se renforce ou se perd dans les turbulences de l’adolescence et plus tard s’affirme ou se délite dans les expériences de vies heureuses et malheureuses.

Si quelqu’un ne s’aime pas, que peut-il donner ? Rien, il n’a pas grand-chose à donner puisqu’il est presque vide, il n’a que peu ou pas d’amour. La conséquence, c’est qu’il passera son temps à Recevoir, à en prendre aux autres pour combler son vide. Et son besoin d’être rempli d’amour sera insatiable car de par ses fêlures il ne saura pas conserver en lui ce qu’il a pris.

Ne pas s’aimer conduit pour les uns, malheureusement, à être un mendiant d’amour, une sorte de vampire errant à jamais inassouvi.

Et pour les autres… Ils aimeront, mais sans espoir de retour, puisqu’ils se sentent indignes d’amour, se condamnant par là-même à ne recevoir en échange que de la souffrance.

 

S’aimer est aussi le seul moyen qui nous permettra d’être assez forts pour retrouver des repères et ne pas sombrer quand les épreuves amoureuses seront à traverser.

La certitude que nous pouvons avoir en amour, c’est que la seule personne qui nous accompagnera pour toujours, ce ne peut être que nous même. Nous avons par conséquent, l’obligation de nous chérir, de nous aimer pour ce que nous sommes et on ne doit laisser cette responsabilité à personne d’autre, y compris aux être les plus chers car nous sommes seuls responsables de nous-mêmes et nous nous appartenons avant tout.

S’aimer sincèrement, sans démesure, est la 1ere condition dans l’apprentissage de l’amour.

 

Mais si quelqu’un s’aime trop ?

Justement, jusqu’à la démesure, tel Narcisse ?

Tout le monde connait bien sur l’histoire de Narcisse et sa chute.

Celui qui comme Narcisse est plein de son propre amour et le garde précieusement sans rien Donner. Celui-là  n’aura jamais de place en lui pour accueillir un autre amour et son amour égoïste non régénéré par autrui finira par le détruire.

Narcisse était condamné à mourir comme les étangs fermés dont l’eau croupie, comme la Mer Morte coupée des sources du Jourdain.

C’est ainsi la destinée de tous les égocentriques et de tous les narcisses.

 

 

 

 

 

 

  • ETAPE 2 : L’AMOUR DE L'AUTRE

 

 

La deuxième étape de l’amour, c’est aimer l’AUTRE. Il y a maintenant deux êtres qui, alternativement, se vident et se remplissent d’amour mutuellement. Cela provoque un mélange merveilleux, une félicité de tous les instants, un torrent continuel qui semble inlassable et passe de l’un à l’autre.

Pourtant, si l’échange de ces deux êtres reste exclusif, cette source finira par devenir tarissable. Et le danger au fil du temps, c’est que l’histoire de Narcisse recommence sur l’entité que représentent cette fois ci les deux amants.

Ce n’est pas évident de comprendre mais le principe est le même, si les deux amants se suffisent de leur amour, à la longue, cet amour ne peut se régénérer et c’est de nouveau « la Mer Morte » de Narcisse.

 

L’Amour de l’Autre se régénère quand on évite la dépendance et qu’on s’enrichit individuellement d’Amours tiers (enfants, parents, amis, activités, …). C’est l’enrichissement de chacun des deux amants individuellement qui garantit l’épanouissement et la permanence de leur échange et c’est ainsi que la source d’amour qui les anime se régénère naturellement et jamais ne s’épuise.

 

 

Concrètement, que signifie Aimer l’autre ?

A mon sens, c’est vouloir partager une intimité, des secrets, des hobbies, sa vie et peut être une descendance.

C’est l’aimer aussi pour ce qu’il est : ses pensées, ses émotions, ses passions, ses rêves, ses peurs, ses espoirs, ses peines, ses combats…

 

Aimer l’Autre, c’est aussi accepter l’idée que cet être aimé ne nous appartient pas, il nous accompagne seulement et c’est déjà en soi merveilleux. Sa présence est un remarquable cadeau qu’il nous fait et que nous lui rendons du reste à équivalence.

Il est peut-être aussi celui qui nous permettra de perpétuer la vie en acceptant de partager cet amour avec l’Enfant, ce troisième Autre.

Mais j’aborderai ce thème plus loin.

 

Souvent, quand on est amoureux, on a cette tendance à ne regarder que les qualités de l’autre, ce n’est qu’après que l’on comprend qu’il a aussi des défauts et c’est là que les difficultés commencent.

C’est là qu’interviennent les compromis, les frustrations, les colères, les remises en question. Et c’est le principe de la balance qui opère, il faut que les bons côtés de l’autre équilibrent ses mauvais, le temps que nous apprenions à être capable de tolérer, de respecter, de pardonner l’autre, à l’avance, dans tout ce qu’il fera et sans que l’estime de nous-mêmes ne soit jamais mise à mal pour, un jour, peut-être, être capable d’aimer aussi ses défauts.

 

Je suis convaincu depuis longtemps que nous pourrions être amoureux d’une multitude de gens car il existe des tas d’êtres extraordinaires sur Terre qui nous correspondent.

Il se trouve qu’un jour, c’est l’un d’entre eux qui frappe à notre porte pour nous accompagner un temps ou toujours.

Il n’y a pas de hasard, les bonnes personnes viennent au bon moment et répondent toujours à nos appels inconscients. J’ai toujours pensé que cette attraction était la conséquence d’un phénomène vibratoire. On émet et on attire celui ou celle qui est sur la même vibration. L’important c’est de faire confiance et de se préparer pour être prêt à cette Réception, afin de ne pas laisser passer l’un de ceux qui nous sont destinés.

 

 

 

 

 

  • FOCUS SUR QUELQUES PROBLEMES DE VIES ET D'AFFECTS LIES A L'AMOUR DE L'AUTRE

 

 

Pour aller plus loin dans cette réflexion sur l’amour de l’Autre, je voudrais aborder avec une pensée pragmatique certains problèmes de vies et d’affects liés à l’Amour. Comprendre quelles en sont les principales causes, les réels enjeux, pour peut-être permettre de trouver le recul nécessaire et surtout la réponse à quelques situations qui se renouvellent.

Paradoxe des paradoxes, l’Amour est bien trop souvent la cause de beaucoup de nos malheurs. Autour de moi, il y a tant d’exemples que l’on pourrait citer... 

Ceux qui se sont aimés et qui finissent par se déchirer.

Ceux qui ne voient l’Amour que par la passion et qui sont obligés à chaque fois de tout recommencer.

Ceux qui courent après l’Amour, en vain, et désespèrent parce qu’ils sont constamment délaissés.

Ceux qui pensent que l’amour est une possession de l’Autre et finissent par tout détruire dans des jalousies maladives.

Ceux qui aiment par faiblesse en demandant toujours pardon et qui indéfiniment trainent leur frustration.

Et enfin ceux, qui déçus par l’Amour ou ayant peur de souffrir à nouveau, refusent consciemment ou inconsciemment d’aimer, restant seuls ou se réfugiant dans des relations sans lendemain, évitant ainsi la douleur, mais se privant aussi du bonheur que seul l'amour peut apporter.

 

Malheureusement, les exemples sont nombreux...

 

 

 

1.    L’Amour passion.

 

L’Amour passion, celui de Roméo et Juliette, de Tristan et Iseult, celui que de tout temps, on nous montre en exemple, est-ce vraiment cela l’Amour de l’Autre?

Il est fulgurant, il déclenche tant de joies… Mais aussi tant de douleurs. J’ai longtemps pensé que c’était la représentation de l’amour et je l’ai recherché activement.

Celà n’a été pour moi qu’une succession d’échecs jusqu’à ce que je finisse par comprendre que ce type d’amour n’est pas un réel amour de l’autre. Ce sont des projections de nous-mêmes que nous faisons et qui nous aveuglent. Quand nos yeux s’ouvrent et que l’on voit l’autre tel qu’il est vraiment, tout se termine !

 

Qu’est-ce que cela veut dire ?

On a tous depuis l’enfance une image que l’on se créé de l’amour, en fonction de nos aspirations, de nos désirs les plus profonds, de ce que nous sommes. Et forcément, consciemment ou inconsciemment, on recherche cette image, cet être idéal.

Notre envie de le trouver est si grande, que parfois on se laisse abuser, presque volontairement, et on transforme la réalité. Ces amours durent en général de 2 à 3 ans avec, les 6 premiers mois, une réelle extase et, sur les derniers, une véritable haine de l’autre car on estime qu’il nous a trahi. En oubliant que finalement, c’est tout le contraire, c’est nous qui avons trahi et trompé l’Autre en ne le regardant jamais tel qu’il était vraiment, mais tel que nous voulions le voir. Il était notre objet, notre représentation de l’amour, cette projection de nous-mêmes. C’est pour cela que nous l’aimions tant.

 

Les scientifiques ont une autre conception, ils soutiennent souvent que cette durée correspond de façon très terre à terre au temps nécessaire pour procréer et atteindre le sevrage du premier enfant, une période pendant laquelle la présence du géniteur est critique pour assurer le renouvellement de l’espèce.

Ils développent également l’idée que ces trois ans pendant lesquels l’amour est « aveugle » sont prévus par la Nature pour laisser une chance à chacun d’apprendre à accepter les défauts de l’Autre.

Cette idée me convient mieux.

 

Mais pour moi, comme je l’ai développé, l’Amour passion n’est pas l’amour de l’autre en vérité mais l’amour de Soi à travers l’autre, c’est par conséquent, un amour égoïste. Une sorte de transition entre l’amour de soi nécessaire, comme on l’a vu plus haut, et de l’autre.

Je ne rejette pas les amours passions car ils ont leurs utilités, il nous serait peut-être impossible de sortir de l’amour de nous-mêmes, sans eux. Mais ils ne sont que le détonateur qui nous permettra de commencer à s’intéresser réellement à l’Autre.

 

 

 

2.    L’Amour Victime.

 

L’amour victime, j’appelle ainsi celui ou celle qui s’oublie pour l’autre. A les écouter, ils font ainsi preuve de leur amour puisqu’ils se sacrifient. Mais en vrai, c’est très ressemblant à l’amour passion mais cette fois ci, c’est à sens unique. Ils aiment l’autre de cette façon parce qu’ils ne veulent rien aimer en eux, l’autre vient pour combler ce vide. C’est, là encore, un amour paradoxalement égoïste, car à part dire je t’aime et être aux petits soins pour accaparer l’attention de l’autre, celui qui est vide au fond n’a rien ou peu à donner, et malheureusement pour lui, il n’aura que frustration et  incompréhension en retour.

 

La métaphore de la jarre qui est vide ou fêlée illustre bien l’amour victime. Démunie d’eau cette jarre n’a rien à donner, elle passe pourtant son temps à se remplir mais est incapable de par ses fêlures, de conserver l’eau, elle se vide au fur et à mesure. Voilà ce qui arrive à ceux qui manquent d’estime, de respect, et d’amour d’eux même. Le paradoxe c’est qu’ils attirent souvent des narcissiques ou des égocentriques, ceux-là même qui ne leur donneront jamais rien, l’apprentissage par la distorsion !

Quand je parle de distorsion, comprenez l’opposé négatif, car les opposés souvent ne représentent qu’une seule et même chose, mais c’est un autre débat.

Pour celui qui nous intéresse, les Amours victimes, cela veut dire que pour apprendre on va leur donner le contraire de ce qu’ils attendent.

Ils se sacrifient pour avoir toujours plus d’amour, ils auront en échange un désert affectif, jusqu’à ce qu’ils comprennent.

C’est ce que j’appelle l’apprentissage par la distorsion.

 

L’amour victime est une mauvaise réponse au besoin malheureusement désespéré d’être aimé pour compenser le manque d’estime de soi.

 

 

 

3.    Jalousie et Confiance.

 

La jalousie accompagne les amours passions mais également les amours victimes et bien évidement, contrairement à ce que diront   « les grands jaloux »,  ce n’est pas de l’Amour de l’autre.

Quand on considère que l’autre nous appartient, on ne l’aime pas, LUI, mais on s’aime SOI. Parce que si on aime vraiment quelqu’un, on lui doit la liberté et la confiance qui conduiront à son bonheur et on ne peut lui vouloir que du bien. Or, le jaloux n’attend qu’une seule chose, que l’être aimé soit totalement focalisé sur lui et il a peur, peur de perdre ce qui lui « appartient ». Alors il monte la garde et devient un véritable « molosse » irascible qui crée des prisons autour de lui pour mieux empêcher la fuite ou le vol de son précieux « os ».

 

La jalousie prend toute sa place dans l’Amour victime quand celui ou celle qui le subit devient de plus en plus dépendant voir esclave de l’autre, la jalousie commence au moment où il prend conscience qu’il ne reçoit pas assez en retour de son amour.

 

 

Le jalousé peut avoir, dans un premier temps, l’illusion que cette attitude envers lui est une preuve d’amour car cela renforce son égo de se sentir « aimé » à ce point. Mais il finit par se rendre compte que la jalousie de l’autre le ronge, empêche son épanouissement personnel et dans certains cas, le détruit.

 

La confiance est, à l’inverse de la jalousie, une réelle preuve d’amour. Et si on aime l’autre alors on la lui donne sans détour, parfois même sans comprendre. Une confiance absolue sans aucun besoin de certitudes ou de contrôles.

On fait confiance, c’est tout !

C’est à l’autre de porter le poids de la confiance qu’on lui donne car c’est un bien précieux qui ne souffre pas les blessures.

Et même si on peut accepter à l’avance l’idée que nul n’est parfait et que la force du pardon est un acte merveilleux, trahir la confiance de l’autre est l’antithèse de l’amour, c’est commencer progressivement à ne plus l’aimer.

 

 

 

4.    Les jugements.

 

Bien souvent, les jugements sont le principal poison du quotidien, ils séparent petit à petit les deux amants pour ne laisser place qu’au ressentiment. Il n’y a rien de pire que de juger, c’est regarder les défauts de l’autre, fustiger ses faiblesses, les pointer du doigt. C’est vouloir prendre le pouvoir sur l’autre et le dominer en le dévalorisant. Où sont la bienveillance, la tolérance et le pardon ? Encore une fois, ce n’est pas de l’amour de l’autre, mais de l’amour de Soi.

 

 

 

5.    Vivre ensemble.

 

Les activités communes sont une nécessité, particulièrement au début d’une relation, il faut vivre au quotidien et faire en sorte que ce quotidien nous réunisse, alors souvent on se « couple » autour de passions communes et c'est bien. Mais il arrive qu'on évolue avec le temps et qu'on change, c’est normal. Qui peut d’ailleurs prévoir l’évolution d'un couple ne serait-ce que 10 ans plus tard ? Qui peut prévoir l’évolution individuelle de celui ou de celle qui le compose ? Personne !

Et si les deux amants suite à des expériences de vie différentes évoluaient différemment ? Et si avec le temps ils avaient plus de divergences que de convergences ? Que doivent-ils faire ? Se reprocher mutuellement d’avoir changé ?

Mais la vie est changement !

Je crois qu’il faut accepter cette idée que l’autre puisse 10 ou 15 ans plus tard être diffèrent et le laisser libre de ses choix et de son temps. A lui de se répartir intelligemment pour son épanouissement personnel et pour celui du couple. La seule chose qui compte finalement c’est la qualité de sa présence. Est-il ou n’est-il pas heureux, joyeux ? Fait il partager son bien être à l’autre ? Si la réponse est positive, c’est que la voie qu’il aura prise est bonne. Dans le cas contraire, il faudra lui conseiller de changer d’activité ou de s’expliquer.

 

 

 

6.    Les disputes.

 

Au risque de surprendre, la colère a aussi son utilité et les disputes qu’elle engendre pour moi sont également nécessaires. Car elles participent à la communication du couple, Elles permettent souvent l’expression de choses difficiles qui n’auraient jamais été formulées autrement. Elles participent à la verbalisation car pour entretenir l’amour, il faut parler, expliquer, clarifier ne laisser surtout aucune place aux non-dits et aux possibles quiproquos. Car ce sont des acides qui, à long terme, ronge l’amour entre deux êtres et le détruisent. Les disputent sont bien souvent le ciment de l'amour.

 

Maintenant si les disputes n’ont de cesse et que l’incompréhension persiste atteingnant un point de non-retour, alors il faut réfléchir à l’intérêt de cette relation, car se disputer à longueur de temps, ce n’est plus de la communication et surtout pas de l’amour.

 

 

 

7.    L’Amour exclusif.

 

Je sais que notre monde occidental a une vision judéo-chrétienne de l’amour. L’amour d’un seul être, d’un point de vue social, affectif et sexuel est le crédo depuis quelques décennies. Il n’en a pas été de même à toutes les époques... Et qu’en sera-t-il des générations futures ? Quelle époque a raison ou tort ?  Probablement celle qui fera avancer la cause de l’Amour, mais celle aussi qui évitera dans ce monde que l’Amour ne soit source de conflits dans nos sociétés. Car il est vrai que c’est un problème sociétal avant tout. Car c'est le regard de l’autre qui va créer le mal-être, l’interdit.

 

Prenons un exemple, imaginons un groupe d’hommes et de femmes en Mai 1968, on leur dit « faites l’amour pas la guerre… », imaginez ce même groupe dans une tribue polygame, ou chez certains groupes Mormons, ou dans la Rome ou la Grèce antique… Imaginez toujours ce groupe d’hommes et de femmes maintenant, il y a 2000 ans, à l’époque de Jésus, ou en Espagne sous le règne d’Isabelle la Catholique ou dans l’Angleterre puritaine… Ce même groupe aurait, dans ces différents contextes, une vision radicalement différente des relations amoureuses, ce regard est donc formaté par les sociétés.

 

 Essayons de nous affranchir de l’époque et posons les questions autrement... L’Amour doit-il être exclusif ?

C’est-à-dire, peut-on aimer plusieurs personnes en même temps ?

C’est une question et une réponse pour moi je l’avoue difficile. Je crois, qu’à titre personnel, j’ai les idées un peu trop arrêtées sur la question et çà paralyse ma réflexion, malgré tout, je dirai que c’est l’équilibre des aimants et des familles qui doit primer. C’est aussi la capacité à consacrer le même temps à tous et de les aimer également. Il me semble toutefois pourtant difficile, voire impossible, de conjuguer avec succès dans nos vies terrestres autant de paramètres. La jalousie serait de mise ainsi que le mensonge… Ce ne sont pas des valeurs nobles. Il est déjà rare de voir une relation avec une maitresse ou un amant épanouissante, l’un des deux finit souvent par en pâtir, alors comment envisager l'amour à plusieurs ?

 

Un autre aspect pour moi plus facile à aborder, l’allongement de vie aidant, sommes-nous fait pour un seul ou plusieurs amours dans une vie ?

L’amour se construit dans la durée avec son lot de joies et de difficultés. Il serait trop simple de quitter quelqu’un dès que ça ne va pas, comme il est impossible de rester avec un Autre capable de nous détruire. La force d’un couple, c’est sa capacité à surmonter les difficultés et à continuer de s’aimer. Pour me faire mieux comprendre, si je devais comparer l’Amour à une construction immobilière, il me semble préférable dans l’absolu de construire un seul immeuble de plusieurs étages (un seul Amour) plutôt que plusieurs ébauches de construction toujours inachevées (multiples Amours).

 

Toutefois, la vie étant plus longue qu’avant, si on met de côté les ruptures nécessaires que nous aborderons plus loin, on peut concevoir que le vivre ensemble ou que les accidents de vie (décès…) fasse que l’épanouissement amoureux d’un être passe par plusieurs amours successifs. Je ne parle pas ici d’échecs amoureux, mais au contraire de réussites amoureuses.

 

 

 

8.    Le Sexe.

 

L’Amour doit-il être obligatoirement rattaché au sexe ?

C'est évidemment une plus-value dans l’absolu, mais ce n’est pas l'unique réalité, j’en veux plusieurs exemples, les prostitués (hommes ou femmes) font du sexe sans aimer, l’amour platonique existe, il est possible d’aimer un homme impuissant, un paralysé qui ne ressent plus ou une femme frigide… Il y a beaucoup d’autres exemples ou le plaisir sexuel est pauvre ou inexistant dans une relation. J’en conclu que l’Amour n’est pas obligatoirement conditionné à l’acte sexuel même si celui-ci a le pouvoir de réellement sublimer l’Amour et d’aplanir par le plaisir et la satisfaction qu’il apporte beaucoup de situations conflictuelles dans le couple.

 

Et l’adultère ?

Avec l’éternelle question chère à Thierry Ardisson, « ça commence quand » ? Un regard, une pensée, un désir, une parole, une caresse, un baiser… ? Est-il possible de rester hermétique à ceux qui nous entourent ? Et si nous l’étions ne serait-ce pas une trahison faite à la vie ? Si comme vu précédemment on s’affranchit de l’époque et du regard sociétal, au risque de surprendre et de choquer même, est-ce que l’adultère est si grave finalement ?

Est-ce que ça mérite de remettre en cause des années de construction mutuelles ? Est-ce une vraie entrave à la confiance ? Tout dépend des limites que l’on s’est fixées préalablement bien sûr d’où encore une fois l’importance de s’affranchir du regard sociétal pour déterminer avec justesse ce que nous sommes capables d’accepter.

 

Pour aider dans cette réflexion, il faut savoir qu’à l’époque de Toulouse-Lautrec les bordels étaient de mise, il y a eu des tas d’époques ou l’amour n’était pas lié à la fidélité sexuelle. Et si on aime l’autre vraiment, ne peut-on pas lui pardonner, tolérer ce plaisir sexuel pris ailleurs ? Sommes-nous dorénavant les seuls dépositaires de ce plaisir ? Et si nous sommes incapables de le ou la satisfaire, que faisons-nous pour l’autre ?  Je sais qu’il est difficile d’aller à l’encontre de sa culture et de ce regard sociétal qui juge, mais il me semble pourtant essentiel de les dépasser.

 

Maintenant, s’il y a manque de respect, si l’autre se moque de nous, par exemple, en cumulant ou proclamant ses adultères, s’il change d’attitude, ignore nos réactions, nos ressentis, s’il rit de nous ou s’il n’est plus aimant ?

Là, c’est très diffèrent, il est hors de question d’aimer quelqu’un qui ne nous respecte pas, ne nous aime pas, ou ne nous aime plus ! Mais en résumé, l’adultère ne me parait pas être un acte impardonnable.

 

Le sexe pour le sexe ?

Et que dire de ces relations de quelques jours, d’une nuit, d’un instant ? Le sexe pour le sexe dans un mutuel consentement. Peut-on parler d’amour ?

Sexe pour sexe, plaisir pour plaisir, c’est comme une partie de tennis, les partenaires profitent et se serrent la main ou s’embrassent à la sortie, rien de mal, sauf que, vu de cette façon-là, ce n’est pas de l’amour, c’est autre chose.

Mais, est-il possible quand on est dans l’intimité de se comporter exclusivement ainsi ? Cela me semble bien difficile, voire impossible. Les regards, les caresses, la tendresse, les paroles échangées laissent toujours une trace. Et je crois que l’on peut aimer, échanger et apprendre parfois en quelques instants d’amours bien plus qu’on ne pourrait l’imaginer. Je suis convaincu que les relations fugaces non inscrites dans la durée sont elles aussi des relations d’amours avec des engagements tout simplement différents. Il suffit de savoir exactement ce que l’on veut, en étant capable de maitriser ses affects et que cela soit partagé par l’autre sans que la vérité de ces instants ne soit jamais trahie.

 

 

 

9.    Les ruptures amoureuses.

 

Quand notre identité est menacée par l’autre, au point que l’amour de soi vienne à diminuer ou à manquer, quand on sait que les difficultés ne pourront plus être surmontées... Alors il devient obligatoire de repenser la relation amoureuse, voire de l’arrêter. On sait bien que les séparations sont parfois nécessaires voire salutaires.

Mais pourquoi en vouloir à l’autre ?

Nous devrions être reconnaissants du chemin parcouru ensemble et accepter l’idée qu’à un moment les trajectoires puissent être différentes. Aimer l’autre, c’est être capable de comprendre cela. On doit pouvoir accepter la possibilité que le bonheur de l’Autre puisse ne plus passer par nous. Et savoir aussi que l’amour de nous-mêmes nous permettra de continuer notre chemin, sans cet autre, en restant confiant en l’avenir et en nos futurs rencontres.

 

J’insiste, comment peut-on aimer quelqu’un qui ne nous aime plus ? Comment ne pas le laisser partir ? Et pourquoi lui en vouloir ? Comment oublier les moments heureux passés ensemble et en venir à le haïr ? Je sais que ces processus rendent les séparations plus faciles, mais on doit être capable de faire autrement. Encore une fois, les êtres n’appartiennent qu’à eux-mêmes, ce n’est pas parce qu’ils ont engagés leur vie à nos côtés que nous devons penser qu’ils sont notre possession. Çà encore c’est de l’égoïsme, de l’amour de soi et pas de l’autre ! Quand la séparation devient inéluctable, il faut, sans haine aucune, libérer la place afin que quelqu’un d’autre vienne. Cela fait partie de la vie, c’est douloureux mais la douleur permet de comprendre et d’apprendre, elle permet les transformations et il faut accepter l’idée que parfois l’Autre est le compagnon ou la compagne d’une étape et que notre compréhension de l’amour nécessitait cet apprentissage.

 

Parfois même, la séparation est programmée dès le début d’une relation car l’Amour peut n’être qu’une opportunité de l’instant, avec ses moments de compréhension et d’entente mutuelle, et puis avec d’autres moments  ou jamais rien ne se passe.

On sait dès le départ que cette relation n’a pas vocation à durer. Cela est vrai de ces relations que l’on dit « Tremplins » permettant, après de grosses ruptures, de se reconstruire et de renaitre à l’Amour, Cela est vrai des dépendances affectives qui ne sont pas de l’Amour mais sont nécessaires pour ne pas nous laisser seuls, et il y a toutes ces relations éphémères qui participent à la découverte des individus et au bonheur des corps, avec leurs plaisirs partagés, apaisants les chairs, exaltants les âmes…

 

Il y a tant à dire sur toutes ces relations « d’étapes ». L’idée forte à retenir c’est que, dans toutes les séparations, quelles qu’elles soient, ce compagnon ou cette compagne aura eu un rôle dans notre vie et il faut l’en remercier pour cela et c’est vrai de toutes les relations amoureuses, des plus longues aux plus passagères, elles enrichissent notre compréhension. C’est seulement quand les efforts que nous faisons pour vivre avec l’autre menacent notre propre identité ou le respect de nous-mêmes que la fin d’une relation se dessine, car Aimer l’Autre ne doit pas conduire à oublier Soi...

Les ruptures nous apprennent aussi à mieux nous préparer pour celui ou celle qui devra encore venir, ce prochain qui nous est désigné. Il ne faut pas oublier que c’est parce qu’une place se libère que quelqu’un d’autre peut venir l’occuper. Il suffit juste de le savoir et de garder confiance.

 

 

 

10. La faiblesse en amour.

 

 La faiblesse en Amour contrairement à ce que l’on pourrait penser n’est pas un acte d’amour, c’est un confort personnel.

Combien de fois ai-je entendu : « si tu me fais ce reproche c’est que tu ne m’aimes pas assez… Je t’ai caché des choses pour ne pas te faire de peine… Je t’ai laissé faire parce que j’avais peur que tu te fâches et que tu ne m’aimes plus… ».

Mais si on aime quelqu’un, notre devoir c’est de lui dire aussi les choses qui fâchent si c'est la vérité et que ça lui est utile. Si nous ne le faisons pas, qui le fera ? C’est évidemment difficile sur le moment mais à terme c’est le plus grand service que l’on puisse rendre à quelqu’un que l’on aime.

Et même si pour cela il doit passer par une phase d’incompréhension et nous haïr, si on pense que ça lui est nécessaire, alors, courageusement, il faut le faire, çà aussi c’est de l’amour. Les vérités sont toujours bonnes à dire sauf si elles n’ont d’autre intérêt que de faire souffrir. Dans ce cas, il vaut mieux se taire et mentir par omission, parfois cette attitude est aussi un acte d’amour.

 

 

 

En résumé, ces dix aspects relatifs à l’Amour de l’Autre que je viens de développer montrent à quel point cet apprentissage est difficile, il requiert un Amour de Soi sans failles mais nous ouvre aux vraies valeurs de l’existence. Si son chemin est cahoteux, il est aussi très beau et je suis convaincu que le succès de cet apprentissage permet de passer à d’autres formes d’Amour, plus complexes, dépasser l’Amour de l’Autre pour aller vers l’Amour DES AUTRES.

 

 

 

 

 

 

  • ETAPE 3 : L’AMOUR DES AUTRES

 

Car la troisième étape de l’amour, c’est d’aimer LES Autres.

« Les Autres » ce sont, nos parents, nos enfants, nos amis et tous ces inconnus qui nous font prendre conscience tour à tour que l’amour est d’abord UN (Nous-mêmes) DEUX (L’Autre) TROIS (Les Autres).

 

Ainsi, l’amour se conjugue avec le chiffre 3, heureux hasard… C’est mon chiffre préféré. Mais avant de commencer à développer cette troisième partie, je voudrais préciser qu’elle est moins abordable et surtout très discutable. Ce sont des conceptions personnelles issues d’intuitions et de réflexions existentielles souvent inspirées par mes connaissances ou convictions théologiques...

 

 

 

Ceci dit, le plus bel exemple de l’apprentissage de l’amour des AUTRES, c’est quand on donne la vie à ce Troisième Autre, l’Enfant. C’est lui qui commence à nous faire comprendre que l’on peut aimer autant que notre aimé, quelqu’un d’autre. Car l’amour que l’on porte à ses propres parents ou à ses amis n’est pas toujours facile à faire accepter de L’Autre, mais pour ce Troisième Autre, l’Enfant, tout est diffèrent, tout est plus facile, car il est le fruit du couple. Et petit à petit, on apprend à tout donner sans attendre en retour. Et on comprend ainsi, progressivement, à force de partager notre amour avec lui, l'enfant, notre enfant, que « Les Autres » sont aussi tous ceux qui nous entourent, tous ces êtres humains aux subtiles diversités, mais aussi toutes ces choses que recèle l’univers, dans son immensité. Ce raccourci semble assez rapide mais imaginez un long processus où on apprend à partager notre Amour avec d’Autres, et ce presque indéfiniment…

 

Peut-on aimer pour autant tous les Hommes ?

Tous les êtres vivants ? Toutes les entités que l’on trouve sur Terre et ailleurs ?

Spontanément, je répondrais sans hésitation que c’est impossible et qu’en tout cas moi, je n’en suis pas capable !

Mais si je fais abstraction de mes ressentis et que je reste sur une réflexion purement théorique... Serait-ce, cette fois-ci, possible ?

Et si la vie n’était qu’un processus d’amélioration de l’être humain comme le professent beaucoup de théosophies, jusqu’à l’atteinte d’une perfection ?

Dans un absolu parfait… Alors oui, je crois que tout deviendrai possible.

 

Je voudrais expliquer mon cheminement pour qu’on comprenne mieux cette réflexion. Je suis croyant, cela veut dire que je pense que tout sur Terre ou ailleurs a une raison d’être, qu’il n’y a pas de hasard, qu’une vérité universelle existe et que la Vie sur Terre ou ailleurs n’est pas une fin en soi. Mais je ne suis pas religieux, cela veut dire que je ne prends pas pour acquis un canon de croyances établis par une religion avec les dogmes et rituels qui l’accompagnent et qui définissent le rapport que l’Homme doit avoir au sacré. En résumé, j’ai une vie spirituelle qui touche à tout ce qui est de l’ordre de l’esprit, de l’âme, mais je suis un libre penseur qui s’inspire de tout ce qui enrichi sa pensée. Ainsi, je me suis souvent questionné sur l’existence d’un « Paradis » quelle qu’en soit la forme du reste, mais s’il existait ?

A bien y réfléchir, si on se positionne dans un processus d’amélioration universel, ce « Paradis » pourrait exister, et s’il existait il ne pourrait être qu’AMOUR (même si d’autres valeurs fondamentales de l’existence comme la Justice et l’Harmonie en feraient également partie) or si ce « Paradis » est Amour, pourrai-je y demeurer qu’avec mon aimée en ignorant les Autres ?

Cela me semble impossible, si je suis dans un « Paradis » d’amour, je devrai aimer tous ceux qui y sont de la même façon, je devrai aimer tous le monde et tous ce qui s’y trouve, car l’Amour là-bas ne peut être exclusif. Sinon ce ne serait certainement pas un « Paradis » !

 

Mais comment faire ?

J’ai compris alors que les difficultés rencontrées pour aimer l’AUTRE nous préparaient à changer en nous ce qui permettrait d’aimer Les AUTRES. Empathie, Tolérance, Tendresse, Compassion, Justice, Pardon, Harmonie…Toutes ces qualités à intégrer, pour pouvoir AIMER. Et j’ai compris que ce ne pouvait être l’apprentissage d’une seule vie, mais de multiples vies, dans l’œuvre collective des multiples sociétés d’Hommes. J’ai ainsi trouvé une dimension spirituelle à l’Amour, du ressort de l’âme, de son amélioration et de sa pérennité.

 

Comme je l’ai précisé en introduction, l’Amour pour moi est un des fondements de l’existence, avec des implications directes dans nos vies et dans l’Après-vie. Je pense que notre façon d’aimer ici-bas, conditionne notre façon d’aimer là-haut. Car notre monde de matière à un pouvoir particulier, il a la capacité de changer l’âme. Ce n’est malheureusement pas possible dans les dimensions sans matière ou l’âme reste telle qu’elle est. Et même si, dans ces «Paradis», il y a beaucoup d’Amour, l’âme qui n’a pas appris à Donner et Recevoir de l’Amour dans ce monde de matière, ne pourra faire rien de plus dans les autres mondes. Elle n’aura pas d’autre vocation que de revenir dans la matière pour apprendre à nouveau.

 

 

 

 

 

 

 

D. CONCLUSION

 

 

 

Pour en revenir à des choses plus pragmatiques qui concernent nos vies d’aujourd’hui et pour rester sur des notions utiles en oubliant mon utopie, je constate à titre personnel que je suis très loin d’avoir fait le tour de l’Amour. Si ça se comptait en vies, j’en aurai bien besoin de quelques milliers supplémentaires !

 

Mais quand je repense à l’adolescent passionné que j’étais, aux idées si arrêtées, j’ai quand même fait pas mal de chemin depuis.

Et j'en suis heureux, car je sais, avec beaucoup d’humilité, garder confiance en la providence et aux destinées, je sais que l’univers dans son immense sagesse a planifié cet apprentissage de l’AMOUR et qu’il suffit juste d’être patient et d’avancer.

 

En attendant, j’essaie de faire de mon mieux, je fais tout pour me respecter et m’aimer en essayant de ne pas laisser de place à ce qui pourrait nuire à l’amour que je me dois me porter, je me pardonne à l’avance mes faiblesses et mes erreurs et j’essaie de faire de même avec celle qui accompagne ma vie, j'essaie d'adopter une tolérance bienveillante et amusée vis-à-vis des difficultés qu’elle rencontre et qui résonnent en moi car je les ai vécues ou je les vivrai à mon tour... Et surtout, je lui offre mon amour ainsi que mon aide, comme elle le ferait en retour pour moi.

 

J’essaie aussi d’aimer mon prochain, même si c’est loin d’être facile. J’essaie de lui donner ce que j’ai de mieux et de ne regarder que ce qu’il a de bien. J’essaie d’aider, d’être utile, en restant moi-même et en ne faisant que ce que j’ai vraiment envie de faire. Je respecte autrui et j’essaie d’aimer ce que recèle notre univers. Même si c'est loin d'être facile et que je ne suis pas souvent victorieux... Mais je garde la foi et j’ai avec moi mes deux bâtons de pèlerinages, l’Etude et la Joie. Avec eux, je m'en vais, gaiement, à la découverte de l’Amour, mais aussi des autres grandes valeurs de l’existence, comme un touriste part en vacances, je prie pour le meilleur et je fais confiance à ma vie ou plutôt mes vies ;-)

 

Pour conclure cet article, je reprendrai ce que j'ai écrit dans la préface du livre de mon fils, Jérémie,

 

"...le chemin qui conduit l’Enfant à devenir un Homme ou une Femme, avec ses multiples apprentissages, est long et difficile, mais chaque jour qui passe, je ne cesse de remercier la Vie de nous permettre de l’emprunter".

 

 

 

Didier

 

COMMENTAIRES

 

 

2014: 27 Février

 

Le premier commentaire sera pour remercier 6 personnes qui ont participé à la relecture de cet article Mylène Ingrid Schneider Laurent As Julien Chapel Vincent, l'ami de la famille, et ma femme, 3 garçons et 3 filles, toujours ce chiffre 3 qui me tient tant à cœur depuis tjs (il représente pour moi l'Autre). La somme, le 6 est le chiffre des transformations, or ces 6 premiers lecteurs ont contribués à faire évoluer cet article. Celui-ci m'a pesé car il a été long et difficile à réaliser, bien plus que je ne l'avais imaginé, mais je suis content il correspond à peu près à ce que je voulais faire passer. La partie pratique sur les Pbs liés à l'Amour retiendra surement votre attention mais personnellement c'est la 1ere et dernière partie qui pour moi ont justifié l’écriture de cet article. S'il pouvait aider quelques-uns d'entre vous, les heures passée à l’écrire seront vite oubliées car je serai satisfait. Si vous voulez le faire lire à vos connaissances, n’hésitez pas, il est plus simple pour moi de le savoir lu par des gens qui ne me connaissent pas que le contraire. Et la vocation d'un écrit c'est tout simplement d’être lu. Je suis qd même content de l'avoir fini :-) Bisous

 

 

2014: 28 Février

 

Merci de tes coms Arnaud Manikeo il y a longtemps que je sais qu'on a la même vision des choses et qu'on partage la même utopie ;-) c'est pr cette raison que ton avis est important pr moi. Je n'ai pas voulu aborder le comment se défaire des chaines car l'article était déjà long, je souhaitais qu'il soit un révélateur uniquement et pas un guide du comment faire car çà aurait nécessiter trop de travail et de temps (j'y ai passé déjà 15j, çà peut paraitre court ms pour moi dont ce n'est pas encore la vocation d'écrire, je te promet que j''ai regretté de l'avoir commencé, j'aurai du l’écrire ds 10 ans cet article pas maintenant) pourtant tu as raison la clef est là mais la vie est là pour apprendre et ceux qui liront finiront par comprendre comment ou chercherons celui ou celle qui les y aidera. La méthodologie pr le faire c'est un livre entier qu'il faudrait ;-( Et c vrai que je n'ai pas voulu parler de ceux qui sont déjà perdus ds l'obscurité comme tu dis si bien pour les mêmes raisons, j'ai préféré pour faire "plus vite" expliquer ce dont il fallait se méfier afin de ne ne pas y entrer "dans l'obscurité". Tu sais la plupart de ceux qui vont lire cet article ne voient que la partie sur les pbs de vies et d'affects lies à l'amour or toi tu sais que je ne m'intéresse qu'à l'explication métaphysique et à cet apprentissage final qui peut aboutir vers mon utopie ;-) Je suis sûr que tes écrits qd tu les achèveras (ce n'est évidemment pas la même ampleur de travail que moi) avec ta verve littéraire complèteront à merveille cette vision de l'amour et le comment aller vers mon utopie, va au bout de tes ecrits Arnaud, tu n'as pas la meme vocation que moi. Pour ardisson merci Lol, je rectifie de suite, je ne sais pas où j'avais la tete, je crois que je pensais trop à Stéphane mon pote "madrilène". Bisous et merci

 

 

2014: 28 Février

 

A Gina Salsera Havana merci virginie de ton com car il répond exactement à la question qui me taraudait, pourquoi ai-je écris cet article? Sera-t-il utile? Car ds le cas contraire, cela ne m'amusait pas de le faire j'avais les choses déjà en tête et çà me suffisait lors de réflexions ou discussions entre amis. Or qd je lis que çà te fait prendre conscience d'un de tes dysfonctionnements sur la jalousie...alors là je me dis que çà valait le coup de l’écrire, tu m'as donné ma réponse, c'est exactement ce que je recherchais, je ne regrette plus le temps passé à le faire, je suis content, maintenant je sais, Merci Gina ;-)))

 

Commentaires

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