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La Promesse

 

 

Et si je vous racontais un peu de mon histoire ?

Juste ce qu’il faut pour préserver ma pudeur, mais suffisamment pour introduire et nourrir la réflexion sur un sujet qui me tient particulièrement à cœur :

Il s’agit de la responsabilité et de l’engagement qu’impliquent nos promesses et nos vœux.

On pourrait se demander pourquoi choisir un tel sujet ? N’y aurait-il pas mieux à réfléchir et à faire ? N’est ce point-là une réflexion inutile et abstraite, une préoccupation de névrosés ou d’intellectuels? 

Vous allez voir que mon histoire passée et actuelle est la parfaite illustration de ce vers quoi peut mener une promesse.

 

 

J’ai fait un vœu, il y a longtemps, j’étais jeune… Et je sais à quel point, il m’a engagé, et à quel point, il fut un fardeau lourd à porter. Ce vœu je l’avais fait à mon père, qui est décédé 3 mois après…

Je venais de lui annoncer que j’allais bientôt être père à mon tour. Je craignais tant sa réaction et son désamour pour différentes raisons que je n’aborderai pas dans cet écrit. Mais il n’en fut rien.

Je le revois encore assis dans son fauteuil, me fixant de son regard pénétrant. Lui qui était, comme tout bon pied noir Constantinois, si prompt aux manifestations de joies et de colères, resta très calme…

Il ne me fit qu’une demande… Si l’enfant était un garçon, je devais tenir une promesse. Quand j’ai acquiescé, mon père semblait soulagé, apaisé, heureux… Et puis il est parti, 3 mois plus tard, en vacances, en Grèce, pour ne plus jamais revenir…

 

Je suis resté avec ma douleur, ma mère, mes frères, mes sœurs et dans le ventre de ma future femme, le poids de ce vœu.

Pour échapper à cette promesse, j’ai espéré et prié à chaque naissance d’avoir une fille. Mais le destin est fourbe et capricieux car successivement, il m’a donné trois garçons. Cette promesse m’a engagée dès la naissance de chacun de mes fils et ce jusqu’à l’âge de leurs 13 ans. Je me souviens surtout que pendant 9 longues années, j’ai dû chaque dimanche matin porter le poids de ce vœu.

Il n’a pris un terme que très récemment lorsque mon troisième enfant eut, à son tour, ses 13 ans.

J’étais enfin soulagé et libre.

 

J’aurais dû être échaudé, j’aurais dû comprendre… Mais les hasards de la vie ou plutôt, ses malheurs et ses joies, font que plus récemment, il y a presque deux ans, j’ai recommencé… J’ai fait un nouveau vœu, une nouvelle promesse… Cette fois ci, de mon plein gré. Depuis ce jour ma vie s’est quelque peu transformée, j’ai changé mes cercles d’amitié et mes centres d’intérêts et beaucoup de mon énergie s’est tournée vers l’accomplissement de ce vœu. Mes amis et ma famille n’ont pas tout compris et c’est encore vrai aujourd’hui...

 

Alors que dire de toutes ces promesses ou vœux que nous faisons ? Mon histoire prouve que cette réflexion n’est pas vaine. Nous engagent-ils, finalement, vraiment ? Faut-il les respecter ?

Je ne peux m’empêcher de penser qu’ils nous engagent bien plus qu’on ne pourrait l’imaginer et que puisqu’un jour nous les avons faites, il doit y avoir un autre jour pour qu’elles se réalisent et des lendemains pour s’en souvenir.

 

Pourquoi est-ce si important de réaliser un vœu, une promesse ?

Je vais laisser mon troisième fils, Simon, vous l’expliquer en partageant une partie de son enseignement. Car il est de coutume dans ma tradition culturelle et religieuse que l’enfant lorsqu’il devient Homme à l’âge de 13 ans fasse un discours devant l’assemblée des fidèles. Dans ce discours, il doit à travers le texte biblique qui lui est attribué donner un enseignement à la communauté réunie ce jour pour l’écouter. Simon, récemment, lors de sa communion (Bar Mitsva) a fait un discours très remarqué et apprécié. Nous l’avions travaillé ensemble car le père est le premier instructeur du futur Homme et je me rappelle que son texte portait justement sur les vœux et promesses que l’on peut un jour être amené à faire…

Drôle de hasard… Sachant qu’avec lui, ce jour-là s’achevait mon premier vœu… Celui fait à mon père…

 

 

 

_Extrait de la Drasha de Simon :

 

 « … Le texte législatif biblique (que je viens de vous lire) insiste sur l’importance de la parole qui engage et du vœu qui prend son pouvoir absolu dès qu’il est exprimé.

 

Il m’est alors apparu évident que je devais vous parler de la nature et des conséquences de cet engagement personnel que l’on prend quand on fait un vœu.

Nos Sages disent que l’homme est en faute, et même très gravement, s’il n’accomplit pas intégralement l’engagement de son vœu. A l’inverse nos Sages disent que personne ne peut être accusé de manquer à ses devoirs s’il ne fait pas de vœux.

Par conséquent, comme disent nos Sages, « Garde précieusement ce que ta bouche prononcera ». Et garde toi, disent nos traditions, pour toutes ces raisons de prononcer un vœu lorsque tu es en colère contre les autres ou contre toi-même. C’est pourquoi les Sages recommandent de ne pas abuser des vœux :

« Mieux vaut ne pas faire de vœux… Que d’en faire, et ne pas les respecter ».

 

Dieu a créé le monde par le Verbe, le Verbe est Vérité, la Parole est par conséquent sacrée… »

 

 

 

A la lecture de la Drasha de Simon, si je suis son enseignement, Je ne peux donc pas oublier mes promesses puisqu’elles m’engagent. Je ne peux qu’espérer accomplir cette dernière et me sentir une nouvelle fois soulagé…

Mais voilà, et si je n’y arrivais pas ?

Dois-je demander à un de mes fils, ou un(e) de mes ami(e)s de le faire pour moi ? Je ne voudrais pas faire porter ce poids à quelqu’un d’autre, mais si je n’y arrivais pas ? Me faudrait-t-il trouver le moyen d’honorer cette promesse autrement ?

Car s’il est impossible de tenir nos promesses, sommes-nous toujours tenus de les réaliser ? Que risquons-nous, après tout ?

 

Probablement, rien ! En tout cas, dans ce monde de matière. Mais au-delà de ce monde de matière ? Je crois que c’est notre conscience que nous risquons car notre conscience peut nous ronger et nous laisser un quelque chose à porter pour l’éternité. Alors, bien sûr, celui ou celle à qui nous avons fait ce vœu peut à tout moment nous en défaire.

Mais s’il refusait ?

Ou pire, si vous étiez comme moi dans un cas de figure particulier ?

Car le souci de mon second vœu, c’est que je n’ai pas fait cette promesse à un être humain, je l’ai faite à une entité intemporelle et transcendante, une entité que j’aime et dont l’existence ou plutôt l’essence n’est pas marquée par la matière, elle est Air, elle est Eau, elle est Feu, elle est Terre. Je ne puis donc lui demander d’effacer ce vœu car je ne peux converser avec elle… Il aurait mieux valu ne pas le faire. Mais voilà, parfois, les circonstances de la vie font que tu te sens obligé… Si tu as beaucoup reçu, il y a un moment ou tu veux rendre ce que l’on t’a donné…C’est un besoin… Et tu promets… C’est ce qui m’est arrivé… Il ne reste plus, maintenant, qu’à essayer de s’en acquitter.

 

Alors que faut-il faire ? Jusqu’où faut-il aller ?

Finalement, tout bien pensé, je crois, au fond de moi, qu’il n’est pas logique de tout sacrifier pour tenir un engagement, parce qu'à l’impossible nul n’est tenu… Je crois qu’il est juste tenu de faire de son mieux… Pas le maximum, juste de son mieux… Voilà ce qui me semble sage… Or c’est certain… En ce qui me concerne, avec ce vœu, je ferai tout pour faire de mon mieux ! Et si je devais échouer, ce ne serai donc pas si grave puisque, en conscience, j’aurai réellement essayé.

 

Une chose est sure, les Sages ont raison… Il faut éviter de faire des vœux. Pourquoi s’engager sur quelque chose qui ne nous est parfois même pas demandé ?

Alors, même si je sais qu’on ne peut jamais dire jamais, j’espère ne plus jamais avoir à faire de vœux… Et je vous souhaite de même.

 

Pour aller plus loin et dépasser ce seul sujet des vœux, je vous dirai aussi que, depuis longtemps, j’ai compris combien les paroles et les pensées déjà nous engagent car elles sont des actes en puissance, en devenir. Nous devons par conséquent être très prudents avec nos mécanismes de pensées car ils ont le pouvoir de créer de futures réalités dont il faudra bien un jour tenir compte.

Je résumerai en disant que la pensée préfigure les mots, les mots préfigurent les actes et les actes deviennent une réalité. C’est ainsi une intention progressive qui se manifeste, l’un entrainant l’autre, il est donc fondamental de contrôler notre façon de penser si on ne veut pas se laisser entrainer là où on ne souhaitait pas aller…

 

Je ne peux m’empêcher de sourire en écrivant ces mots car j’ai beau connaitre la théorie, je ne suis pas dans la pratique un exemple de réussite… Mais je m’accepte tel que je suis et surtout, j’ai encore le temps de changer, peut-être…

 

 

Pour revenir à mon second vœu, je crois savoir comment je vais procéder… Mercredi prochain sera la veille de Rosh Hachana (jour de l’an juif)… On dit que l’état émotionnel dans lequel nous sommes ce soir-là sera le reflet de notre année entière. Je crois bien que ce soir-là, c’est la soirée de Gala de mon séminaire et j’ai déjà un carnet de bal bien rempli, cela voudrait-il dire que je vais passer mon année à danser ? Yessss !

 

La tradition affirme qu’au jour de Rosh Hachana, Dieu inscrit chacun de nous dans le livre de la vie et quand vient le jour du Yom Kippour (Le grand pardon), il scelle le jugement.

Rosh Hachana et Yom Kippour sont qualifiées de fêtes austères, en raison de la gravité et de la solennité qui les caractérisent, elles évoquent le jugement et le pardon de l’homme.

Elles sont séparées de 10 jours qu’on appelle les 10 jours redoutables, les jours de pénitence, elles appellent tous les juifs à une confrontation avec Dieu, avec eux-mêmes et avec les communautés d’Hommes.

 

Moi qui ne suis pas religieux, je mesure pourtant à quel point c’est une chance qui est offerte au croyant de repartir à zéro, en chaque début d’année… S’il fait bien évidemment humble repentance.

Alors si je devais échouer à réaliser ce vœu, je me souviendrai que je pourrai en appeler à ma tradition pour me faire Pardonner…

 

Mais je n’en suis pas là, dans un an, on verra !

En attendant… Mais je crois que vous m’avez maintenant bien compris… Gardez votre liberté et méfiez-vous de vos vœux !

  

Didier

 

 

Le 16/02/2015

 

Il ne sera pas utile d’attendre les 1 an, pas besoin de me faire pardonner ou de transmettre la responsabilité de ce second vœu à un autre car je sais maintenant, au fond de moi, de retour de Madrid, de ce deuxième Bachatea, que ce voeu dorénavant peut être considéré comme réussi et achevé.

Je suis aujourd'hui, ce "Danseur", que j'avais promis d'être !

Merci la vie et merci à tous ceux qui y ont contribué... Valina, Ingrid, Delphine, Lucile et tous mes professeurs !

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